Chaleur renouvelable et efficacité énergétique

Le succès de l’Energiewende dépend également du recul de la demande énergétique liée au chauffage, au rafraîchissement des pièces et à l’eau chaude. Et de la mesure dans laquelle les énergies renouvelables couvrent les besoins restants. En effet, la consommation énergétique allemande est à imputer, pour plus de la moitié, au secteur de l’énergie thermique – dont près des deux tiers sont absorbés par le chauffage et l’eau chaude de quelque 40 millions de ménages.

Réduire la demande d’énergie thermique

Économies visées dans les immeubles

1 944 pétajoules

de chauffage et d’eau chaude ont été consommés par les quelque 40 millions de ménages allemands en 2013

Voilà pourquoi le gouvernement fédéral souhaite réduire la demande de fuel et de gaz dans les bâtiments et vise une diminution de 80 % de ces deux énergies primaires à l’horizon 2050. Pour y parvenir, il est nécessaire d’améliorer sensiblement l’efficacité énergétique des bâtiments et d’accroître la part des énergies renouvelables dans l’approvisionnement en chaleur et en refroidissement. D’ici 2020, le renouvelable devra répondre à 14 % de la demande en la matière. À travers sa propre démarche, l’Allemagne met en œuvre des objectifs européens : de fait, l’actuelle directive communautaire sur les bâtiments stipule qu’à compter de 2021, tous les immeubles neufs devront être, en Europe, des bâtiments à consommation d’énergie quasi nulle.
L’Allemagne a très vite identifié le potentiel d’économies d’énergie des bâtiments. Dès 1976, le gouvernement fédéral en place adopte, à la suite de la crise du pétrole, la première loi sur les économies d’énergie puis le premier règlement relatif à l’isolation thermique. Il poursuit sans discontinuer le développement de ces dispositions et les adapte au progrès technique. Depuis 2009, la loi sur le chauffage issu des énergies renouvelables stipule que toutes les nouvelles habitations doivent couvrir au moins un pourcentage donné de leurs besoins en énergie par le biais d’énergies renouvelables. Cet objectif peut par exemple être réalisé à l’aide d’un chauffage au gaz ou au fuel via le solaire thermique ou à l’aide d’un système de chauffage recourant exclusivement au renouvelable, comme dans le cas de la pompe à chaleur ou du chauffage aux granulés de bois (pellets).

Consommation d’énergie à imputer aux bâtiments

Par rapport à la totalité de la consommation énergétique finale en Allemagne

Les nouvelles habitations consomment seulement un dixième

Consommation annuelle de chauffage en litres de fuel par mètre carré de surface habitable selon le type de bâtiment

En Allemagne, 70 % des immeubles d’habitation ont plus de 35 ans. Ces bâtiments ont donc été construits avant l’adoption du premier règlement relatif à l’isolation thermique. De ce fait, nombre d’entre eux ne sont pas suffisamment isolés et se chauffent à l’aide de chaudières vétustes et de combustibles fossiles tels que le fuel ou le gaz. Dans ce contexte, les besoins annuels de chauffage d’un ménage allemand moyen s’élèvent à env. 145 kilowattheures par mètre carré de surface habitable, ce qui correspond à env. 14,5 litres de pétrole. Les nouvelles habitations à haute performance énergétique ont seulement besoin d’un dixième. Dans les immeubles déjà existants, la réduction du besoin en énergie primaire peut atteindre 80 % grâce aux rénovations énergétiques et à la conversion aux énergies renouvelables. Cela passe notamment par une meilleure isolation de l’enveloppe du bâtiment, par le remplacement de certains éléments de construction, par une modernisation des systèmes de chauffage et de refroidissement et par une optimisation des appareils de commande. Ne serait-ce qu’en 2015, près de 53 milliards d’euros ont été investis dans la rénovation énergétique. Le gouvernement fédéral encourage ces démarches avec des subventions et des crédits à taux préférentiels. En 2016, les Allemands ont pu économiser près de 500 euros par habitant grâce à des mesures visant l’amélioration de l’efficacité énergétique et sont ainsi devenus champions du monde dans ce domaine.

Le remplacement des systèmes de chauffage vétustes et le passage des combustibles fossiles aux énergies renouvelables se voient accorder une importance particulière. Alors qu’en 1975, les Allemands chauffaient encore une bonne moitié de l’ensemble des logements au fuel, cette proportion est aujourd’hui d’un peu plus d’un quart seulement. Parmi les logements construits en 2016, 60 % recourent aux énergies renouvelables pour le chauffage. Les installations solaires thermiques, le chauffage par la biomasse et les pompes à chaleur utilisant la chaleur environnante satisfont d’ores et déjà 12 % de la demande de chauffage. Pour accélérer le remplacement des anciennes installations, le gouvernement fédéral propose des subventions depuis l’an 2000